Siteofficieldezephorstuff

4 février 2013

Nosferatu, de Grzegrorz Jarsyna (2012)

Classé sous Films d'horreur — siteofficieldezephorstuff @ 20 h 58 min

 

Bonjour à tous et à toutes, je vais aujourd’hui vous parler non pas d’un film comme j’ai l’habitude de le faire mais d’une pièce de théâtre polonaise, dont j’ai pu apprécier la mise en scène assez récemment. Je suis conscient que cette critique, en plus d’être tardive, est assez courte, et je vous prie de m’en excuser. 

Mis en scène par Grzegorz Jarsyna, Nosferatu est une pièce contemporaine reprenant un des grands mythes du cinéma et de la littérature : le vampire (du slave « chauve-souris).

 

Les lieux, les décors : l’originalité esthétique de la mise en scène

 

En arrivant dans la salle, les décors ne semblent pas présents : on aperçoit une salle vide, sombre, on attend le début de la pièce. C’est alors que les lumières s’éteignent dans la salle sur un grand coup de tonnerre, qu’elles s’allument sur la scène, et que  le spectacle commence. On se rend immédiatement compte que les décors sont extrêmement riches : d’un côté, une étagère, un fauteuil, un lit ; de l’autre, une pièce indistincte, une verrière sans doute, et une grande porte. En plein milieu, une grande table, sur laquelle se trouvent des bouteilles, des assiettes, des fleurs et bien d’autres choses. Enfin, dans le fond de la scène se trouve une porte, celle-ci cachée par un grand rideau blanc : c’est dans cette salle que se passe l’intégralité de la pièce, et ses éléments ne seront modifiés que vers la fin, lors de la dispute entre Nosferatu et sa première victime. Sera évoquée également la demeure du vampire, probablement proche (voir en face selon d’autres adaptations) de celle des personnages. Le décor est luxueux , évoquent une certaine richesse : les protagonistes sont donc issus d’un milieu social aisé. Presque aucun indice sur l’époque dans laquelle ils vivent n’est donné, on entendra cependant, de temps à autre, la sonnerie d’un téléphone portable, preuve d’une période proche de la nôtre.

Le décor semble donc empreint d’une certaine originalité , on a en effet rarement assisté à une telle profusion de détails dans une œuvre théâtrale.

 

Lumières, sonorités et effets visuels : des éléments essentiels au bon fonctionnement de la pièce

 

Comme cité auparavant, le spectateur est accueilli d’un grand coup de tonnerre. Cet élément sonore est d’ailleurs réutilisé à plusieurs reprises, notamment lors des apparitions du vampire, probablement pour souligner la gravité de sa présence. Le coup de tonnerre est souvent accompagné de brouillard, de musique (parfois oppressante car composée de bruits et de chuchotements, parfois opposée aux actes dramatiques se déroulant sur la scène, car rythmée et joyeuse) et d’ombres sur le mur, du moins au début de la pièce. Au moment de l’autopsie de la victime, un mannequin sera également utilisé pour préserver l’intimité de l’actrice. Tous ces éléments font d’ailleurs à certains instants penser aux pièces de Joel Pommerat, notamment le jeu sur le sursaut, dù à un effet sonore (un pistolet dans Ma Chambre Froide, un coup de tonnerre inattendu dans Nosferatu), ou à un effet musical (lors de l’apparition du spectre de la première victime dans Nosferatu). Par ailleurs, il est intéressant de constater que la lumière ne vient jamais de la salle mais bel et bien de l’extérieur, en effet c’est par la porte et le rideau précédemment cités que celle-ci provient (le rideau définit d’ailleurs la couleur même du sol par la lumière qu’il dégage, ainsi le sol sera parfois rouge sang, bleu et même violet, faisant penser aux effets visuels utilisés dans les films de Dario Argento).  Enfin, du faux sang est utilisé à de nombreuses reprises durant la pièce.

Les effets sonores et visuels importent donc beaucoup au fonctionnement et à la crédibilité du spectacle de Jarsyna, puisqu’ils amènent le spectateur à se sentir prisonnier de l’atmosphère, souvent sombre, de celui-ci, le rendant ainsi plus vivant.

 

 

Du livre au film, du film à la pièce de théâtre : l’impact de Nosferatu

 

Ecrit en 1897 par Bram Stocker, Dracula est aujourd’hui considéré comme une oeuvre essentielle et fondatrice, à l’origine du mythe du vampire. Le thème est souvent réutilisé, ainsi en 1922 sera réalisé, par Friedrich Murnau, un film appelé Nosferatu (voir anecdote), narrant l’histoire de Jonathan Harker, jeune homme piégé par un vampire dans une contrée sombre et hantée. Plus qu’un simple film d’horreur, le long métrage est une œuvre d’art qui se veut proprement terrifiante et témoigne d’un profond respect pour le livre de Stocker. Le thème du vampire se fait de moins en moins rare de nos jours, comme certains blockbusters américains en témoignent.

L’utilité de s’inspirer de Dracula n’est pas cependant inexistante, pour peu que celle-ci s’intéresse aux véritables thèmes et réflexions qu’inspire cette notion. C’est le cas de la pièce de Jarsyna, qui, loin de tomber dans les affres américano-romantiques de la saga Twilight, propose un véritable hommage au mythe : le vampire est ici un personnage caractérisé par sa soif (la plupart des protagonistes de la pièce finiront mordus par Nosferatu), sa connaissance précise de la mort mais surtout sa souffrance, son délaissement, caractéristiques inexhaustibles  de la personnalité humaine.  En effet, chez Jarsyna, Nosferatu est un personnage las, et qui, contrairement au vampire de Murnau, ira s’exposer de lui même au Soleil, et donc à la disparition complète. Plus que la soif de sang, c’est la relation émotionnelle que recherche ici Nosferatu, et il décidera de « mourir » lorsqu’il se rendra compte de son échec. 

 

Anecdote : le film Nosferatu  de Murnau n’aurait jamais dù être réalisé, en effet un long litige entre les maisons de productions et le réalisateur, litige ayant pour base les droits d’auteur du livre de Bram Stocker, amènera Murnau à modifier les noms et lieux dans son film (ainsi, le comte ne s’appelle plus Dracula mais Orlok), chose inutile puisqu’il sera tout de même traduit en justice.  Ces droits seront plus tard accordés à Tod Browning qui réalisera Dracula en 1931 ,puis à Francis Ford Coppola (1992), réalisateurs s’inspirant tout deux du film de… Murnau !

 

 

 

 

 

3 octobre 2012

Trilogie de Chrisopher Nolan : « Batman Begins », « The Dark Knight » et « The Dark Knight Rises »

Classé sous Films d'horreur — siteofficieldezephorstuff @ 22 h 50 min

 

Bonjour à tous et à toutes! 

Je tiens tout d’abord à m’excuser pour mon inactivité des derniers jours, mon manque de temps ne m’ayant pas permis de revoir « Batman Begins » avant le week-end dernier.

Nous allons donc parler aujourd’hui de la trilogie du réalisateur britannique Christopher Nolan, concernant le Chevalier Noir de Gotham City. Tout d’abord, un petit mot sur la franchise « Batman ». Super-héros des magazines « DC Comics », le Chevalier Noir a eu droit à une large médiatisation, tout d’abord à la télévision (on se souvient encore de la série animée des années 90, aux dessins magnifiques et aux riches scénarios), puis au cinéma.

« Batman », premier du nom, ainsi que sa suite « Batman Returns » ont été réalisés par Tim Burton ( connu notamment pour son travail de maquettiste-créateur sur le sompteux « Nightmare Before Christmas » d’Henry Selick, et pour avoir réalisé le célèbre « Corpse Bride »). Tandis que le premier est connu pour son aspect gothique et pour son jeu d’acteur florissant (Nicholson, bien que moins talentueux que son successeur, assume très bien le rôle du Joker), le second est surtout considéré comme un petit « ratage ». En effet, bien que son succès économique n’ait rien à se reprocher, beaucoup des fans de la bande dessinée de Bob Kane ont admis avoir été quelque peu désappointés par le second film de la saga, sans doute trop similaire au premier opus. Les deux long-métrages restent cependant des films de super héros plus qu’acceptables. C’est par la suite que les choses se gâtent.

Tim Burton ayant préféré s’écarter du héros masqué, Joel Schumacher prend la relève. C’est le début de la fin pour le mythe du chevalier noir, car si on peut accorder au médiocre « Batman Forever » un choix d’acteur ambitieux et assez méritoire (bien que Chris O’Donnel semble avoir pour but d’enfoncer encore plus la réputation de Robin, allié de Batman, on doit admettre que Nicole Kidman est assez crédible dans son rôle de journaliste partagée entre Wayne et son alter ego bestial, et que Tommy Lee Jones et Jim Carrey, respectivement dans les peaux d’ Harvey Dent, alias « Harvey- Two-Faces » et d’ Edward Nigma, alias « The Riddler », sont des super-méchants plutôt charismatiques), il n’y a rien a garder dans le second long-métrage de Schumacher, « Batman et Robin, qui multiplie les gags (et plans! et dialogues! et… enfin bref) scatologiques et les performances d’acteurs… discutables (il faut être fort pour faire passer Uma Thurman pour une mauvaise actrice, certes, mais il faut l’être encore plus pour rendre le personnage de Bane ridicule!). La franchise du Chevalier Noir a tant perdu en crédibilité suite à ces deux films qu’il faudra attendre une dizaine d’années pour qu’un nouvel opus sorte. 

Anecdote : le réalisateur Joel Schumacher s’excusera par la suite devant les médias pour avoir détruit le mythe de Batman. 

C’est en 2005 qu’un nouveau jour se lève pour la franchise. Et pour les fans. « Batman Begins », de Christopher Nolan, a pour but de renouveler totalement le mythe du Chevalier Noir au cinéma, ne s’adaptant pas de la bande dessinée de Bob Kane comme les précédents volets mais de celle de Frank Miller, « Batman : Year One » (un excellent film animé en sera d’ailleurs également tiré), beaucoup plus sombre et violente que ne l’était le comics original. Pari réussi pour Nolan, ce premier film est un superbe divertissement, autant pour les fans de la bande dessinée de Miller ( qui retrouveront l’atmosphère du comic et le design de Gotham City), que pour ceux du personnage de Bob Kane. Ceux-ci seront en effet heureux de constater l’arrivée du personnage de Ra’s Al Ghul, maître incontesté de la tourmentée Ligue des Ombres et de son bras droit Ducard, mentor de Bruce Wayne, incarné par un Liam Nesson parfait en ninja mystérieux, et les connaisseurs de la série animée seront ravis d’apprendre le retour de Scarecrow ( L’Epouvantail dans la version française), personnage à qui Nolan donne une image absolument terrifiante (la première apparition du super-méchant, incarné par Cillian Murphy, a de quoi glacer les sangs). Cependant, les néophytes ont également de quoi être satisfaits par le premier long-métrage de Christopher Nolan, ils pourront en effet jouir d’une caméra ambitieuse (bien loin d’être aussi fatigante que ne le sont les caméras de certains blockbusteurs américains actuels, pour ne pas citer les derniers nés de la franchise James Bond), d’une sélection d’acteurs extrêmement riches (en plus des acteurs précédemment évoqués, on peut retenir la performance de Christian Bale, alias Bruce Wayne, qui donne au personnage une dimension puissante et véritable que n’avaient su montrer ni George Clooney ni Michael Keaton , celle de Michael Cane, parfait dans le rôle d’Alfred, inénarrable majordome de Wayne). La performance de Morgan Freeman reste cependant discutable: si l’acteur est crédible dans le rôle de Lucius Fox, celui ci semble ne savoir jouer qu’un seul et même rôle dans la plupart de ses films. Au delà du jeu d’acteur on peut retenir la complexité scénaristique du film, qui est d’ailleurs parfois trop poussée (on peut facilement se perdre, du moins lors du premier visionnage ,  dans les deux histoires parallèles, dont l’une concerne l’apprentissage et l’autre le passé et le retour de Bruce Wayne). Le final magistral appellant au second opus (je n’en dévoile pas plus) clôt parfaitement ce nouveau départ, on peut donc accorder à Christopher Nolan que, bien que son film ne soit pas parfait, il s’agit d’un superbe renouvellement, faisant oublier de mauvais souvenirs au spectateur, qui ressort charmé de la salle.

Si le premier film de la trilogie de Nolan concernant le Chevalier Noir est un bon départ, sa suite, nommé fort logiquement « The Dark Knight », est une magnifique réussite. Ce second opus reprend en effet les qualités du précédent film : la caméra est cette fois ci véritablement époustouflante, autant au cours des scènes « calmes » qu’au cours des scènes d’action pure (voir la première scène où s’opposent les « copieurs » et l’Epouvantail) ; choix d’acteurs relevant du fantasme (en plus d’un Christian Bale encore plus impressionnant qu’avant, en plus d’une nouvelle Rachel -bien moins belle, certes, mais bien plus crédible dans son rôle de « femme forte » s’ajoutent un personnage déjà charismatique dans la bande dessinée, mais cette fois-vi véritablement INCROYABLE (je pèse mes mots) : le Joker, incarné par le regretté Heath Ledger, dont la crédibilité, la sincérité du jeu et les expressions de visage, certes accentuées par la maquillage, donnent au personnage haut en couleurs  une puissance que Jack Nicholson, bien qu’il soit un acteur très acceptable, n’avait su lui accorder. Cependant le second volet de Nolan ne se contente pas de calquer les bons éléments du premier opus. Il donne également un second souffle à son film, auquel il accorde une recherche scénaristique qui n’a rien à envier au meilleur des David Fincher (on ne peut deviner les plans du Joker à l’avance, c’est à croire que lui-même ne fait que dans l’improvisation), une mise en scène décomplexée (les éléments violents sont à peine éludés, ce qui est un bienfait pour ce type de film), une bande sonore fantastique (Hans Zimmer au meilleur de sa forme). On pourrait cependant reprocher à Nolan une certaine complaisance dans la longueur (2h30, tout un après-midi), remarque auquel on pourrait opposer que rien n’est en trop, et qu’amputer le film, ne serait-ce que de quelques minutes, aurait été une erreur. L’argent d’ Hollywood aura donc été, cette fois, intelligemment dépensé. On peut donc caractériser le film de Nolan de cette simple phrase, prononcée par Heath Ledger lui même durant le long-métrage: Quand t’as un talent, tu l’exerces pas gratis.  

Anecdote : Heath Ledger est décédé d’une overdose à la fin du tournage, il était d’ailleurs devant la caméra de Terry Gilliam, pour le rôle principal de son film « L’Imaginarium du Docteur Parnassus ». Les chutes étant insuffisantes, Gilliam a été obligé de remplacer l’acteur par Jude Law, Johnny Depp et Colin Farell, qui par ailleurs verseront l’intégralité de leur salaire à la fille de l’acteur décédé. 

C’est en 2012 que sort l’imparfait « The Dark Knight Rises », troisième et dernier opus de la trilogie de Nolan. De plus en plus long (2H45, cette fois c’est un peu trop long…), le long métrage se distingue des autres par son choix d’acteurs qui comporte une erreur de casting: Marion Cotillard, irréprochable jusqu’à sa scène de mort, d’un ridicule déplorable (on n’y croit pas la première fois, on est dépité la deuxième fois, on en rit la troisième). La complexité du scénario est cette fois-ci un véritable défaut, on est assez agacé par les retournements de situation qui sont un peu trop fréquents. Mais il ne faut pas être trop dur avec le dernier film de Nolan, puisque ses nombreuses qualités font aisément pardonner les quelques défauts du film : Bane, incarné par Tom Hardy, est un personnage charismatique et impressionnant (on peut sans aucun doute affirmer que c’est bien lui, le « Dark Knight » du film, puisqu’il se sera relevé des ténèbres, laissant Batman croupir dans une cellule et … autres), Joseph Gordon-Lewitt est surprenant dans le rôle de policier-adjudant du héros (on ne voit pas beaucoup Gary Oldman, celui-ci passant les trois quarts du film dans une chambre d’hôpital… Jim Gordan passe donc au second plan), la musique est toujours d’une nécessité indiscutable, belle quand il le faut, et juste assez torniturante (je vous conseille d’écouter « Rise » juste pour le plaisir des oreilles, que vous ayez vu le film ou non), et le final est absolument grandiose et plutôt inattendu (ajouter que que ce soit sur ce final serait un crime fédéral). Il ne s’agit donc pas d’un film parfait (loin s’en faut, sans doute à cause des contraintes hollywoodiennes et de la durée du film, non pas ennuyante mais fatigante – 3h sur un siège de cinéma, c’est inconfortable, quel que soit le film), mais d’une honnête conclusion, marquant le mythe de Batman d’une empreinte indélébile, preuve incontestable qu’un reboot, pourvu qu’il soit réussi, peur relever un héros ( les studios Marvel semblent l’avoir compris, en effet en plus du réussi « The Amazing Spider- Man » de Marc Webb vont bientôt voir le jour des rebbots des ratés « Les Quatre Fantastiques » et « Daredevil).

P.S : Tout comme le fut « The Dark Knight », cet article est dédié à Heath Ledger, dont la performance restera à jamais inoubliable. A un acteur fantastique, qui a rendu le personnage du Joker absolument essentiel dans l’univers du Chevalier Noir.   


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

19 septembre 2012

Scream (Wes Craven)

Classé sous Films d'horreur — siteofficieldezephorstuff @ 22 h 53 min

 

Bonjour à tous et à toutes!

Vous l’aurez sans doute compris, je vais vous parler encore aujourd’hui d’un des monuments du film d’horreur américain, et de ses suites : « Scream », du notoire Wes Craven, réalisateur aussi talentueux qu’inconstant et mitigé. Talentueux, car ce réalisateur est tout de même le créateur de deux des plus célèbres franchises de l’Histoire : « Nightmare on Elm Street » (plus connu en France sous le nom des « Griffes de la Nuit », et bien sûr « Scream ». Mitigé, car si on fait abstraction de ces deux cas et de leurs suites (encore que…) , on obtient finalement une série de films de série B, voire de série Z, sans grand intérêt scénaristiquement parlant (ni esthétiquement, d’ailleurs). On évitera d’évoquer ici des films tels que « The Last House On The Left (dont je développerai l’analyse dans un futur article), ou encore « Shocker ». Bref, les spectateurs de l’époque, après la période « Z » de Craven, étaient en droit de ne plus rien attendre de ce réalisateur qui les avait profondément déçu.

C’est alors qu’arrive « Scream ». Plus qu’un simple film indépendant, le long-métrage connaît un succès retentissant, venant des spectateurs comme du producteur. A la hauteur de sa réputation, « Scream » est sans aucun doute un véritable renouvellement dans le genre du slasher, alors que celui-ci ne faisait plus signe depuis « Halloween » ou « Vendredi 13″.

Exposons rapidement les faits. Sorti en 1996, ce film raconte l’histoire d’une bande d’adolescents de Woodsboro, Texas. Habitant une petite bourgade tranquille, ces jeunes gens se retrouvent vite face à un horrible meurtre: une jeune fille blonde ( Drew Barrymore, évidemment) est sauvagement étripée et pendu par un tueur masqué, qui par avant lui aura fait passer une sorte de « quiz » téléphonique sur les plus grands films d’horreur, preuve de la célèbre ironie du réalisateur. C’est d’ailleurs de ce film que vient la célèbre phrase, qui est maintenant devenue culte :   « What’s your favorite scary movie ? », lancé par le tueur à sa première victime. 

Le réalisateur procède ensuite à une rapide présentation des personnages : Sydney, adolescente que l’on pourrait qualifier de « coincée » suite au viol et au meurtre de sa mère ; Billy, petit ami de cette dernière, regrettant de ne pouvoir « passer à l’acte » ; Stuart, portrait typique de l’adolescent surexcité et enfin Tatum, conjointe de Stuart et meilleure amie de Sydney. Cette petite bande d’amis sera entourée par la suite du shérif – adjoint Riley, représentant de l’ordre essayant, tant bien que mal, d’être respecté malgré son aspect juvénile, et de la journaliste Gale Weathers, dont le rôle, qui semble au premier abord très secondaire, se développera par la suite. Tous ces personnages ne sauraient cependant faire preuve d’originalité s’il n’étaient pas accompagnés par un jeune homme, qui joue sans doute l’un des rôles les plus essentiels, sinon le plus essentiel: Randy, passionné par le cinéma. 

Ce dernier, présenté pourtant sous un aspect comique, est en fait la représentation de ce que Craven veut montrer au travers de son film : par sa connaissance extrêmement étendue du cinéma d’horreur, le jeune homme ne va en effet cesser d’expliquer à ses camarades les fondamentaux des films de genre, ne cessant ainsi de les mettre en garde indirectement , de mettre en garde le spectateur indirectement des meurtres à venir. C’est d’ailleurs ce que l’on peut accorder aux suites de ce premier opus : tandis que le personnage de Randy manque de crédibilité à cause de son aspect risible dans le film original, aspect faisant de lui un personnage assez bancal, c’est seulement par la suite que la véritable nature, très sérieuse, du personnage sera démontrée, alors que Sydney ne cessera de suivre ses conseils.

On peut donc affirmer sans trop se tromper que « Scream » est original par son aspect didactique, qui le fait passer d’un simple slasher à une véritable remise en question du cinéma d’horreur. C’est alors que peut se poser le problème de ses séquelles. Parlons de celles-ci individuellement.

« Scream 2″ est sans doute le moins bon de la saga. En effet, le personnage pourtant essentiel de Randy n’aura droit qu’à une brève apparition, le temps d’expliquer brèvement le principe d’une séquelle. Le jeune homme sera à la suite assassiné par le tueur lui même, lors d’une scène qui, loin d’être effrayante, n’aura même pas le mérite de faire sourire le spectateur lassé par le trop – plein de rebondissements du film, cette scène semblant pourtant rechercher un certain potentiel humoristique. Du côté de la recherche scénaristique, le film n’est pas très brillant non plus, la « révélation » finale montrant une fois de plus un duo de tueurs, à la différence près que, à l’inverse des motivations intéressantes des assassins du premier opus, ceux-ci ont pour mobiles des raisons totalement ridicules, en effet, tandis que pour le tueur masculin le mobile est farfelu, celui de sa partenaire est honteusement attendu. On pourra cependant accorder au réalisateur une bonne sélection des acteurs (Neve Cambell toujours impeccable), et un maniement virtuose de la caméra.

« Scream 3″ remonte légèrement le niveau, en effet la recherche scénaristique est cette fois ci rondement menée, et laisse place à de véritables moments de frayeur (en particulier les scènes où Sydney croit parler au spectre de sa mère). Le film est d’ailleurs porteur d’une excellente surprise : alors que l’on croyait le personnage de Randy enterré à jamais depuis le précédent opus, celui-ci fait son « come back » dans ce troisième épisode, sans pour autant revenir d’entre les morts. Il expliquera d’ailleurs, au détour d’une scène foncièrement intéressante, les principes d’une trilogie, prévoyant, une fois de plus avec raison, le « retour au sources » qu’une troisième partie implique. Quand au tueur, celui-ci est cette fois empli de motivations inattendues mais pourtant  extrêmement crédibles. C’est cependant des acteurs que l’on pourra de plaindre cette fois-ci, en effet tandis que Campbell ne semble plus s’amuser à jouer Sydney, cette pauvre Courteney Cox fait peine à voir…  Cela dit, en ressort un film tout à fait acceptable, qu’on peut revoir facilement.

Reste le cas de « Scream 4″. Présenté comme « le retour de Ghostface », le film est partagé entre ses véritables qualités et ses inacceptables défauts. Parlons tout d’abord de ces qualités : le choix des acteurs est un véritable enchantement, en effet Craven ajoute, lors de cet opus, de nombreux personnages, sont la principale qualité est qu’ils sont les représentants de la jeunesse américaine! On retiendra entre tous le jeu sensible et sensuel de Hayden Panetierre (une des héroines de la trop complexe série « Heroes »), dont le personnage semble être fait sur-mesure. Les autres acteurs sont également remarquables, les anciens sont égaux à eux mêmes (cela fait plaisir de voir que Campbell et Cox sont redevenues aussi talentueuses qu’au premier jour!). Le personnage de Randy, par ailleurs,  n’a d’ailleurs jamais été aussi impressionnant. Avec un peu de renouveau heureux, de bonnes idées et cette farandole de bons acteurs, vous vous posez la question : « Mais que reste t-il? ». 

C’est là qu’intervient le principal défaut du film. En effet, en dehors des clichés (une brune aux seins généreux qui se déshabille, sans la moindre raison scénaristique, ce n’est PAS du Wes Craven!), il reste cet inconvénient : la fin montre en fait qu’il ne s’agit qu’un remake déguisé de l’original, l’équivalent du « The Thing » norvégien sorti en 2011, et dont les motivations, dans les deux cas, sont plus que douteuses. En effet, dans le cadre du remake de Craven, les deux personnages responsables des meurtres semblent honteusement bâclés, et la scène de fin paraît n’être qu’une pâle copie de celle du film original, à la différence prêt que les mobiles soient honteusement attendus (SPOILER : à votre avis, les tueurs sont deux, et l’une d’entre eux veut une grande notoriété… c’est pas possible, elle a vraiment tué son partenaire pour avoir la gloire à elle toute seule???). Suivra une scène d’une violence absolument gratuite à l’hôpital, puis une « happy end » mielleuse.

 

La saga de Craven aura donc connu des jours meilleurs et, bien que le cinquième épisode soit déjà en route, on préfèrera oublier les suites et revoir, encore et encore, le film original qui a tant bouleversé les esprits des admirateurs de Wes Craven… en espérant, un jour, un nouveau retour aux sources. 

 

 

 

 

 

 

 

 


14 septembre 2012

Halloween et Halloween 2 (Rob Zombie)

Classé sous Films d'horreur — siteofficieldezephorstuff @ 23 h 52 min

 

Salut à tous, 

Ironie du sort, pour ma première critique je vais vous parler… d’un remake, où plutôt d’un remake et de sa suite. Vous l’aurez deviné en lisant le titre de l’article (plutôt explicite, non?), il s’agit du diptyque « Halloween » du hardrockeur-réalisateur américain Rob Zombie.

Initiée par John Carpenter, la saga « Halloween », qui bénéficiait pourtant de moins de moyens que les « Star Wars » et autres « Harry Potter » a connu un succès plutôt retentissant dans l’histoire du cinéma d’horreur (huit films, tout de même, sans compter ceux dont je parle dans cet article), si bien que son personnage principal, Michael Myers, est devenu une véritable légende du cinéma d’horreur. En effet, beaucoup s’inspirent encore de ce « croque-mitaine » au masque blanc et à la carrure excessivement évoluée, dont la simple présence silencieuse glace le sang des victimes autant que du spectateur. Le tueur du 31 octobre sera d’ailleurs souvent décrit comme un « mal qu’on ne peut arrêter », un « mal à l’état pur ».

On pourrait reprocher à la saga (par ailleurs mythique) de « Big John » son passage sous silence du mobile et des origines de Michael Myers, responsable du meurtre de toute sa famille (à 12 ans, tout de même) et constamment à la recherche de sa soeur, Laurie Strode (Jamie Lee Curtis dans les premiers volets), jeune fille traumatisée et épaulée du Dr Samuel Loomis, en quelque sorte responsable des evènements.  La faculté du croque-mitaine à tuer à l’aveugle au couteau de boucher (dont la dimension pornographique n’est plus à analyser) est effectivement un point faible, autant qu’un point fort, de la saga. Celle-ci s’empêtrera cependant dans une série de « B » sans âme, multipliant les clichés et les effets sanglants. 

C’est alors qu’arrive, en 2007, Rob Zombie, connu pour ses musiques torniturantes et pour son célèbre film « House Of The 1000 Corpses », suivi de « Devil’s Rejects », bien décidé à changer la donne. Tout en respectant le chef d’oeuvre de Carpenter, le réalisateur tatoué va aller plus loin dans la mythologie de Myers en dévoilant les origines du tueur au masque blanc, enfant d’un alcoolique et d’une prostituée (interprétée par la femme du réalisateur, sublime Sherri « Moon » Zombie). Le caractère instable et psychotique du jeune homme est dévoilé lorsqu’un élève de son école décide de s’en prendre à lui. Ce pauvre garçon finira la tête littéralement explosée par un bâton, de la main du jeune tueur, alors âgé d’une dizaine d’années. C’est à la suite de cette déferlance de violence que Michael va assassiner son père, ainsi que sa soeur et son amant, pour se retrouver ensuite dans un asile psychiatrique. On ne peut aller plus loin dans le résumé du film sans en dévoiler les points forts, aussi je me contenterai de vous en décrire les grandes lignes: le film de Zombie va chercher au plus loin de la psyché dérangée de son personnage principal, en sonder les plus sombres zones d’ombres. Il agira d’ailleurs de même pour tous les personnages qu’il invoquera, ainsi nous pourrons observer un changement de cap quant à la description du caractère du Dr Samuel Loomis, bien plus qu’un simple enquêteur chez Zombie.

Cette boulimie de descriptions psychologiques et de meurtres effroyablement violents amènera d’ailleurs le réalisateur à imaginer une suite à son remake: Halloween 2, en 2009, marque un tournant définitif: Micheal Myers et ses méfaits passent au second plan et la lunette est placée vers… Laurie Strode elle même, considérée comme les fans comme un véritable étendard contre le démon, force inébranlable que, à l’image de son frère, rien ne saurait arrêter. C’est d’ailleurs sur ce rapprochement que va jouer Rob Zombie, opérant comme dans le « Halloween 4″ de 1988 à une inversion des rôles, s’intéressants aux recoins les plus cachés et étroits de l’histoire de la famille Myers, et de la psychologie de la jeune fille, qui finira (ATTENTION SPOILER) enfermée dans un asile de fous comme l’a été à de maintes reprises son grand frère, tant de fois supposé mort, tant de fois assassiné par des paiens ne comprenant pas que ce qu’ils voulaient tuer n’était pas un homme mais une idée, un concept, celui du Mal immortel.

 Considérant ces critères, on peut conclure que le diptyque de Rob Zombie marque un nouveau départ dans la série initiée par John Carpenter, le renouveau et l’originalité du concept introduit par Zombie ne faisant plus aucun doute. 

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